Date de la dernière modification : 23 juillet 2018

Air

La présence de pesticides dans l’air est un sujet en émergence qui prend de l’importance.

Territoire auvergnat

De nombreuses séries de recherches de matières actives phytosanitaires ont été réalisées dans l’air en France par des Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air (AASQA). 8 séries de mesures sur la période 2005-2012 ont été effectuées en Auvergne par ATMO Auvergne sur des sites en milieu urbain et en milieu rural (Clermont-Ferrand et Entraigues (63), Le Puy-en-Velay et Cohade (43), Montluçon Saint-Pourçain-sur-Sioule et Escurolles (03), Aurillac et Le Falgoux (15)). Les prélèvements ont été faits sur chaque semaine de la période printemps-été.

Une cinquantaine de molécules différentes ont été recherchées sur chaque prélèvement en fonction de leurs caractéristiques physico-chimiques (risques de volatilisation), de leur toxicité et des capacités d’analyse du laboratoire.

Les résultats obtenus montrent qu’aucun secteur n’est exempt de quantification de matières actives phytosanitaires dans l’air, y compris les secteurs de montagne peu concernés par l’utilisation de produits phytosanitaires. Les molécules qui ont été globalement les plus souvent quantifiées sont :

  • (S-)métolachlore (herbicide utilisé sur culture de maïs),
  • Pendiméthaline (herbicide à usages multiples),
  • Diméthénamide (et Diméthénamide-p) (herbicide utilisé sur culture de maïs, tournesol et betterave),
  • Chlorotalonil (fongicide),
  • Lindane (insecticide de sol interdit d’utilisation comme phytosanitaire depuis 1998). Ce composé est l’un des plus fréquemment observés, y compris en milieu urbain,
  • Trifluraline (herbicide utilisé sur colza, tournesol, pois, arbres et arbustes d’ornement, interdit d’utilisation depuis fin 2008). Cette molécule n’est plus détectée dans l’air depuis son interdiction,
  • Chlorpyriphos-éthyl (insecticide).

Les concentrations moyennes des molécules les plus souvent quantifiées sont le  l’ordre de 1 ng/m3 d’air (moyennes calculées uniquement à partir des concentrations des quantifications). De façon générale la diversité des molécules est plus importante en milieu urbain, mais les concentrations sont fréquemment supérieures en site rural.

Il n’existe pas de norme de la qualité de l’air vis-à-vis des “pesticides”. Il est donc difficile d’estimer l’impact de ces concentrations sur la santé humaine et sur l’environnement.

Territoire rhônalpin

L’association agréée de surveillance de qualité de l’air, Air Rhône-Alpes, assure des suivis de “pesticides” dans l’air avec les financements du Conseil Régional et de l’ARS dans le cadre du PRSE. Sur la période 2007-2009, des suivis ont été réalisés sur 7 sites en milieu urbain et/ou rural (Plaine du Forez, Beaujolais, Plaine de Bièvre, Parc des Ecrins, Vallée du Rhône, Valence et Pilat). 80 à 85 substances actives ont été mesurées par site.

Ces mesures se sont poursuivies en 2012-2014 sur 4 nouveaux sites :

  • Sud Drôme : viticulture ;
  • Plaine de l’Ain : grandes cultures ;
  • Lyon : zone urbaine, agglomération ;
  • Isère rhodanienne : arboriculture.

Tous les sites suivis présentent des pesticides dans l’air.

Air Rhône-Alpes a également conduit 3 études spécifiques ponctuelles :

  • Etude des concentrations de pesticides liées aux épandages contre la mouche du brou – vallée de l’Isère dans le Sud Grésivaudan ;
  • Etude pour mettre en évidence le bénéfice apporté vis-à-vis de la présence des pesticides dans l’air, soit par la mise en place de pratiques agricoles dans le cadre du plan Ecophyto, soit par le
    développement de l’agriculture raisonnée – zone viticole du Sud Ardèche ;
  • Etude en vue d’améliorer les connaissances sur l’exposition des abeilles à la pollution de l’air (pesticides, HAP, métaux lourds) – zone arboricole de l’ouest lyonnais.

L’association a publié en 2014 un inventaire non exhaustif des estimations des émissions de pesticides dans l’air, de la même façon qu’elle publie les inventaires d’émission des différents polluants atmosphériques (industries, transports, …).

Pour aller plus loin :


Sédiments

Des recherches de matières actives phytosanitaires ont été réalisées par l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne sur quelques sites de la région Auvergne sur les années 2002-2005. Ces recherches étaient
ponctuelles. L’extraction des matières actives phytosanitaires sur matrice solide est partielle en particulier sur sédiments. C’est pourquoi les résultats sont peu exploitables, d’autant qu’ils sont anciens.


Biodiversité

Une thèse a été réalisée sur le bassin de la Loire sur l’impact des micro-polluants sur la faune sauvage. Des mesures de micro-polluants ont été effectuées sur différents types d’animaux sauvages liés au milieu de vie aquatique : prédateurs piscivores (loutre, grand cormoran, balbuzard pêcheur), crustacés prédateurs, mollusques filtreurs, poissons prédateurs et omnivores. Cette étude intègre dans l’analyse quelques matières actives phytosanitaires. Les résultats montrent que sur les quelques molécules recherchées, peu de matières actives phytosanitaires ont été quantifiées sur la faune sauvage.

Pour aller plus loin :

  • Consulter l’étude complète sur la synthèse des résultats de janvier 2013 du site de l’ONCFS

Dans le cadre du Plan Ecophyto, depuis 2012, un dispositif national est consacré à la surveillance des effets non intentionnels (ENI) des pratiques agricoles (dont l’usage des produits phytosanitaires) sur l’environnement. L’objectif est de documenter et de détecter tout changement significatif au niveau des résistances des bioagresseurs et de la biodiversité en milieu agricole. Pour cela, 4 groupes d’espèces bio-indicatrices en milieu agricole ont été choisis (flore de bords de champ, coléoptères, vers de terre, oiseaux). Les DRAAF-SRAL assurent la supervision de ce dispositif qui s’inscrit dans le cadre de la Surveillance Biologique du Territoire.

En Auvergne-Rhône-Alpes, 42 parcelles d’observation sont suivies (30 pour le territoire rhônalpin et 12 pour le territoire auvergnat) et 295 observations annuelles sont réalisées. Les données d’observation sont pour l’instant exploitées à l’échelle nationale. Elles font l’objet de bulletins d’information réguliers “Biovigilance”.

Pour aller plus loin :